Après un long week-end de Pâques le CAC 40 a terminé en fanfare parvenant à se hisser à plus de 3800 points. Les investisseurs ont profité de la faiblesse des cours pour se mettre en quête de bonnes affaires.
Après quatre jours de pause pour les fêtes de Pâques, la Bourse de Paris a redémarré sur les chapeaux de roue. Le CAC 40 a grimpé de 1,98 % à 3805,22 points dans un volume de près de 3,5 milliards d’euros. Jeudi dernier, l’indice parisien avait déjà grignoté 0,53 %.
Encouragés par Wall Street, les opérateurs ont profité de la faiblesse des cours de Bourse pour se livrer à des achats à bon compte. Les autres places européennes ont d’ailleurs suivi le même chemin: Londres s’est appréciée de 1,23 % et Francfort de 1,91 %. Peu animé en début de séance, le marché parisien a accéléré la cadence dans l’après-midi, rassuré par la bonne tenue de Wall Street à l’ouverture. Les investisseurs ont salué avec enthousiasme le rebond surprise des commandes reçues par l’industrie américaine en février.
Mais, pour la plupart des spécialistes, il s’agit d’un rebond essentiellement technique. De fait, sur le fond, les investisseurs ont peu de raisons de se réjouir. Après Chypre, c’est désormais l’Italie qui cristallise les inquiétudes. Les législatives de fin février ont débouché sur une équation insoluble et le pays reste dans une impasse politique.
À cette incertitude, s’ajoute celle de plus en plus vives sur la santé de l’économie européenne. En zone euro, l’activité du secteur manufacturier a accéléré sa contraction en mars avec une détérioration dans l’ensemble des pays. Autre mauvaise nouvelle, le taux de chômage a grimpé à 12 % en février dans la zone euro, un niveau record, et le nombre de chômeurs y dépasse désormais les 19 millions.
Les banques et les valeurs industrielles rebondissent
Les investisseurs ont néanmoins profité de la chute des valeurs financières et de certaines valeurs industrielles au cours des dernières semaines pour se livrer à des achats à bon compte. EDF a ainsi grimpé de 3,07 %, GDF Suez de 3,36 % et Bouygues de 2,95 %. Les valeurs bancaires profitaient également du mouvement: BNP Paribas a grimpé de 2,21 %, Société générale de 3,55 % et Crédit agricole de 1,59 %. Le secteur aéronautique avait également le vent en poupe, toujours porté par la perspective d’importants contrats. EADS s’est adjugé 3,56 % et Safran 4,53 %.
A l’inverse, les spécialistes des ressources de base, comme les aciéristes et les minières, étaient pénalisés par les sombres perspectives de l’économie mondiale, à l’image d’ArcelorMittal (-4,25 %) ou d’Eramet (-3,08 %).
La France entière attendait la venue du FC Barcelone au Parc des Princes pour voir enfin le PSG se mesurer à la crème des crèmes. Les Parisiens, le staff, Carlo Ancelotti étaient aussi terriblement impatients. Palpitant, ce duel peut leur donner des certitudes : ils sont à leur place dans la cour des grands. Alors que le Paris Saint-Germain n’avait plus joué un quart de finale de Ligue des champions depuis 1995, il a rivalisé avec un Barça qui vient d’en enchaîner six de suite (2-2). Vexés par l’ouverture du score - un peu contre le cours du jeu - de Messi, malicieusement servi par un extérieur du droit d’Alves après une perte de balle de Beckham (38e), les Parisiens ont d’abord égalisé lorsqu’ils n’y croyaient presque plus. A la 80e, Ibrahimovic était à l’affût après avoir vu le poteau adverse repousser une tête de l’extraordinaire Thiago Silva.
Souvent raillé pour son manque d’efficacité dans les grands matches de Ligue des champions, l’attaquant suédois a laissé explosé sa joie comme s’il venait de marquer en finale de Coupe du monde. Il faut dire que jusqu’alors son match avait été compliqué. Il avait vu Valdés repousser son coup-franc au ras du sol (19e) puis avait trop croisé sa frappe du gauche (26e). Orgueilleux, Ibra a donc fini par trouver les filets pour la plus grande joie du Parc des Princes, bouillant de bout en bout. L’entame de match du PSG lui avait permis de se chauffer, Lavezzi ayant trouvé le poteau de Valdès dès la 5e minute. Les frappes enroulées d’Iniesta (17e), Sanchez (37e) ou Messi (42e) ne l’ont pas fait taire.
Bien en place, le leader de la L1 a bénéficié de l’expérience de Beckham, préféré à Verratti au coup d’envoi. Joueur ayant couvert le plus de distance en première période (5,87 km), l’Anglais a orienté le jeu à bon escient. Le pari d’Ancelotti, qui participait à un quart de finale de C1 avec une quatrième équipe après la Juventus, le Milan et Chelsea, a plutôt bien fonctionné. Son choix de préserver Lucas pour cette rencontre a également été bon. De retour après trois semaines d’absence, le Brésilien a plusieurs fois trouvé son chemin dans la défense catalane. Mais le salut et l’espoir ne portent pas la marque de l’ancien joueur de Sao Paulo.
Alors que la partie semblait pliée après l'avantage, pensait-on définitif, donné par Xavi sur penalty à la 89e, Matuidi a arraché l'égalisation au bout du bout du temps additionnel, d'une belle frappe du gauche, que Valdès a mal apprécié (90e+4). Suspendu pour le match retour, l'international tricolore manquera vraiment beaucoup. Invaincu depuis 24 matches sur sa pelouse en Coupes d’Europe, Paris n’a pas à rougir après son match intense. Ses chances de qualification, elles, sont minces. Mais dans l’immensité du Camp Nou, peut-être sans Messi (blessé), son jeu de contres peut lui permettre de créer une énorme surprise.